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Disjunctures: Indigenous Redirections in Political Theory (OUP, 2025)

Yann Allard-Tremblay publie le livre Disjunctures: Indigenous Redirections in Political Theory, chez Oxford University Press.

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Résumé

Disjunctures: Indigenous Redirections in Political Theory propose une analyse critique et comparative des traditions politiques autochtones nord-américaines et des traditions politiques euro-modernes dominantes, en explorant les différences irréconciliables qui les séparent. Ces différences révèlent des orientations politiques impossibles à poursuivre simultanément — ou, en un mot, des disjonctions. Pour les sociétés politiques contemporaines qui s’engagent sur la voie de la réconciliation, des choix devront nécessairement être faits.

Bien que ces disjonctions soient examinées dans le contexte canadien, elles ouvrent néanmoins la voie à la possibilité d’un autre horizon politique susceptible d’éclairer et de transformer les paradigmes actuellement dominants. Disjunctures soutient que les traditions euro-modernes conçoivent la société politique à partir de notions de justice et de l’autodétermination d’un peuple indépendant et autonome. Les pratiques de gouvernance qui en découlent expriment un ethos de maîtrise qui demeure fondamentalement non réciproque et insensible aux autres humains, aux autres qu’humains et aux contextes écologiques.

En revanche, Disjunctures défend l’idée que les traditions autochtones conçoivent la société politique comme intégrée dans un contexte écologique plus vaste de sens et accordent donc la priorité à la recherche et au maintien de l’harmonie. Ces traditions proposent un modèle politique non hiérarchique, non coercitif et centré sur la nécessité de préserver et de soutenir les relations avec les autres, les autres qu’humains et la terre elle-même. Ce modèle exige une profonde réceptivité réciproque dans l’exercice de la gouvernance.

Enfin, Disjunctures examine les conséquences majeures qu’entraîne la reconnaissance de ces options politiques irréconciliables pour le projet même de la réconciliation, en soutenant que celle-ci doit être véritablement transformative, impliquant à la fois les structures politiques et les subjectivités. En définitive, l’ouvrage avance que les traditions politiques autochtones révèlent une voie décoloniale riche et féconde vers laquelle la théorie et la pratique politiques devraient être réorientées.