« Penser les violences sexuelles comme injustice structurelle » – Journée d’étude

Quand :
12 mars 2026 9 h 00 – 17 h 45
Où :
Pavillon Lionel-Groulx
Université de Montréal, 3150 rue Jean Brillant, Montréal QC

Comment penser les violences sexuelles dans leur pluralité et leur complexité? Plus encore, comment les penser dans une perspective philosophique lorsque les concepts dont dispose cette discipline peinent à rendre compte de la spécificité et de la prévalence de ces violences au sein des sociétés contemporaines? Si les recherches et les travaux relatifs aux violences sexuelles sont nombreux dans les différentes disciplines des sciences humaines et sociales (anthropologie, sociologie, travail social, psychotraumatologie, sexologie, etc.) et si la philosophie féministe s’efforce depuis les années 1960 d’en faire un objet d’enquête et de réflexion philosophique légitime, force est de constater que la philosophie tend encore aujourd’hui à faire l’impasse sur ce qui est propre à ces violences, lorsqu’elle ne se content pas d’en éluder l’existence.

À l’occasion de la récente publication de Penser les violences sexuelles (La Découverte, 2025) de la philosophe et documentariste Marie Chartron, cette journée d’étude se veut donc l’occasion de combler ce vide en réfléchissant à la question des violences sexuelles, à ce qu’elles sont et aux manières de lutter contre elles. Réunissant des chercheuses de différentes disciplines en sciences humaines et sociales (philosophie, sciences politiques, sociologie, travail social, sciences infirmières) et des intervenantes du milieu communautaire, cette journée d’étude entend ainsi mettre en lumière la pluralité et la complexité de ces violences en tant que phénomène social et politique, et déterminer les réponses éthiques et politiques qui peuvent y être apportées. Elle entend par le fait même contribuer à nourrir la réflexion philosophique à leur propos depuis d’autres disciplines et d’autres pratiques.

La journée d’étude se tiendra le jeudi 12 mars 2026, de 9h00 à 18h00, au pavillon Lionel-Groulx de l’Université de Montréal. L’inscription est requise via le lien suivant.

La journée d’étude sera suivi d’une discussion publique à la librairie n’était-ce pas l’été le vendredi 13 mars 2026. Pour plus d’informations sur la discussion publique, c’est ici.

Programmation :

  • 8h30 – 9h00 : Accueil des participant-es
  • 9h00 – 10h00 : Conférence d’ouverture de Marie Chartron
  • 10h15 – 12h30 : Discussion autour de Penser les violences sexuelles, avec Pascale Devette (Université de Montréal), Erika Olivaux Marmignon (Université Laval) et Mickaëlle Provost (UC Louvain Saint-Louis Bruxelles)
  • 12h30 – 13h30 : Dîner
  • 13h30-15h30 : (Re)conceptualiser les violences sexuelles, avec des présentations de Sandrine Ricci (UQAM) – « La culture du viol pour penser la violence sexuelle comme fait social » ; Marie-Hélène Desmeules (Université de Sherbrooke) – « La définition juridique de l’agression sexuelle comme injustice structurelle » ; Audrey Rochon (Université de Montréal) – « Mémoires émotionnelles et généalogies du corps-témoin » ; et Julie Quynh Nhi Tran (Université de Montréal) – « Au croisement des dominations systémiques : reconfigurer le regard sur les violences sexuelles vécues par les communautés racisées »
  • 15h45 – 17h45 : Réponses éthiques et politiques aux violences sexuelles, avec des présentations d’Éléonore Paré (Université d’Ottawa et Université d’Amiens) – « Gestes et langages infrapolitiques à partir de l’expérience de la violence sexuelle traumatique » ; Mona Gérardin-Laverge (Université de Lausanne)– « “Mon corps c’est mon corps » : de l’éducation à la vie affective, relationnelle et sexuelle en milieu scolaire aux ateliers d’autodéfense pour les mineur·e·s, penser la lutte contre les violences sexuelles à l’intersection du genre et de l’âge » ; Tania Turnbull (Université de Montréal) – « Repenser le soin : une perspective infirmière sur les violences sexuelles » ; et Noah Benoît, Noä Anckaert, GG (Collectif consenti) – « Regards pratiques sur l’intersectionnalité et son application terrain dans un CALACS »

Cette discussion est organisée en partenariat avec le Centre de recherche en éthique (CRÉ) et a bénéficié du financement du Département de philosophie de l’Université de Montréal, de la Société québécoise de philosophie (SPQ), du Groupe de recherche interdisciplinaire en philosophie politique (GRIPP), du Réseau québécois en études féministes (RéQEF), du Centre interdisciplinaire de recherche sur la citoyenneté et les minorités (CIRCEM) et du Réseau perspectives féministes (RPF).

*N.B. Des médiatrices seront présentes sur place pour toute la durée de l’évènement.