Projets de recherche

Les questions concrètes d’éthique auxquelles nos sociétés sont confrontées s’articulent nécessairement autour de certains concepts fondamentaux. Dans le but de faire avancer la réflexion dans les différents domaines d’activité humaine, les projets s’inscrivant dans cet axe visent à éclaircir ces concepts, à préciser les débats complexes qu’ils suscitent et à élaborer les principes qui doivent informer la réflexion et la pratique.

1) Penser la normativité: une étude philosophique.
L’activité humaine est étroitement structurée par tout un ensemble de normes et de valeurs : pour savoir comment agir, nous nous interrogeons d’abord sur ce que nous devons faire, ou sur ce qu’il nous semblerait bien, juste, ou utile de faire. Notre comportement est ainsi guidé par des lois (morales, sociales ou politiques), des ordres, des règles, des recommandations, des conseils, des idéaux ou encore des valeurs que nous nous efforçons de respecter. L’ensemble de ces phénomènes constitue ce qu’il est convenu d’appeler en philosophie l’espace de la normativité.

Il s’agit là d’une thématique qui se caractérise autant par sa variété que son importance. Les différentes questions ayant trait à la normativité se situent en effet au centre de plusieurs débats en philosophie contemporaine. Un des traits distinctifs de la thématique de la normativité est qu’elle intéresse de nombreux domaines de la philosophie. Ainsi, savoir en quoi consiste le caractère normatif de certains jugements est une question qui se pose aussi bien en éthique qu’en épistémologie, pour ne citer que deux domaines de spécialisation.

Ce projet est financé par le Fonds de Recherche sur la Société et la Culture (FQRSC, Québec), de 2013 à 2017. L’équipe est composée de Christine Tappolet (Université de Montréal), Renée Bilodeau (Laval), Michael Blome-Tilmann (McGill), Murray Clarke (Concordia), Yves Bouchard (Sherbrooke), Josée Brunet (Inst. De Technologie Agro-Alimentaire, Sainte-Hyacinthe), Luc Faucher (UQÀM), Ian Gold (McGill), Iwao Hirose (McGill), Daniel Laurier (Université de Montréal), Mauro Rossi (UQÀM), Andrew Reisner (McGill), David Robichaud (Ottawa), Mauro Rossi (UQÀM), Sarah Stroud (McGill) et Patrick Turmel (Laval).

2) Responsabilité, autonomie et dysfonctionnement.
Si votre chien écrase vos tulipes préférées en courant après une balle, vous ressentirez peut-être de la colère à son égard, mais bien qu’il soit causalement responsable de l’état lamentable de vos tulipes, vous ne le tiendriez pas, en principe, pour moralement responsable. Par contre, si votre voisin écrasait vos tulipes intentionnellement, dans le simple but de vous nuire, il est vraisemblable que vous ressentiriez du ressentiment et de l’indignation. Il semblerait aussi approprié de blâmer votre voisin malveillant et de le tenir pour moralement responsable.

La pratique qui consiste à tenir pour moralement responsable est répandue, mais elle soulève des questions difficiles. Notre but général est de mieux comprendre la nature de la responsabilité morale (pour simplifier, nous parlerons simplement de responsabilité). Notre projet se divise en trois volets.

Le premier de ces volets portera sur la question est de savoir si la responsabilité est une propriété objective, et peut-être naturelle, des agents, ou bien si elle est plutôt le reflet de nos pratiques et de nos attitudes. Dans le second volet, nous tenterons de compléter notre analyse en considérant l’hypothèse selon laquelle la responsabilité est une question d’autonomie. Il s’agira d’évaluer les principales théories de l’autonomie pour voir dans quelle mesure il est vrai que la responsabilité requiert l’autonomie. Le troisième volet, quant à lui, portera sur une série de cas limites, dont l’étude visera à tester et élaborer nos hypothèses théoriques.

Le projet est financé par Conseil de la Recherche en Sciences Humaines (CRSH, Canada), de 2010 à 2014. Christine Tappolet est responsable principale du projet, avec Luc Faucher (UQÀM).

3) The Fitting-Attitude Analysis of Values.
It is common to think that there is a close connection between the goodness of something and the appropriateness of one’s responses to it. This idea is at heart of the so-called fitting-attitude (FA) analyses of value (Wiggins 1976; McDowell 1985; Gibbard 1990; Scanlon 1998; D’Arms and Jacobson 2000a). According to such analyses, to judge that an object is valuable is to judge that it is an appropriate, or fitting, object of certain mental attitudes. Although this approach to value has a long and distinguished history, it has recently made an impressive come back within philosophical discussions, thanks primarily to the influential work of Thomas Scanlon (1998) and to the intense debate that his work has generated. In this project, we intend to examine the FA analysis in detail and address the main issues raised by this approach.

The core part of our project deals with the most general questions about FA accounts. First, what is their exact status? Shall we conceive them as conceptual analyses, conceptual elucidations, or, alternatively, as putting forward ontological theses about the relation between evaluative properties and appropriate responses? Second, different FA accounts identify the relevant response to good things in terms of either a specific mental state type, e.g. ‘desire’, ‘love’, ‘admiration’ or in terms of the broad class of ‘pro-attitudes’. Can we define goodness in terms of one single attitude? Can we do this without harmful circularity? Third, different FA accounts characterize the appropriateness of the relevant response by employing what are generally taken to be deontic concepts, e.g. ‘right’, ‘reason’, ‘requirement’, ‘ought’, etc. In terms of which of these concepts, if any, should the FA analysis most plausibly be formulated and what are the alternatives?