Projets de recherche

Les questions concrètes d’éthique auxquelles nos sociétés sont confrontées s’articulent nécessairement autour de certains concepts fondamentaux. Dans le but de faire avancer la réflexion dans les différents domaines d’activité humaine, les projets s’inscrivant dans cet axe visent à éclaircir ces concepts, à préciser les débats complexes qu’ils suscitent et à élaborer les principes qui doivent informer la réflexion et la pratique.

THÈME I – Jugements normatifs et théories éthiques

Ce thème concerne la nature des jugements normatifs et de leur déploiement en une variété de concepts tels que : bien, mal, interdit, permis, obligatoire, devoir, droit, raison, valeur, vertueux, généreux, honteux, indignant, etc. Dans le premier volet de ce thème, nous nous proposons de réfléchir à ces concepts et à leur rôle au sein des théories éthiques. Sur la base de nos recherches antérieures, selon lesquelles il faut distinguer entre les concepts évaluatifs et les concepts déontiques nous chercherons à savoir quels concepts sont les plus féconds pour structurer la délibération. Le second volet portera sur la question de savoir si les jugements moraux relèvent de la raison ou des sentiments. Plus spécifiquement, nous examinerons la théorie selon laquelle juger qu’une chose est bonne équivaudrait à juger qu’il est approprié d’avoir une attitude positive à son égard. Il s’agira de voir si cette approche se généralise aux autres concepts normatifs et de soupeser ses objections.

Projet 1.1. – Bonheur et Bien-être

Projet 1.2. Valeurs et attitudes

THÈME II – Vertus, éducation morale et expertise morale

L’agent moral n’est pas caractérisé que par son jugement ou ses raisonnements moraux, mais aussi par ses traits de caractère. On admet souvent, à suite d’Aristote, que l’éducation morale et civique est largement une éducation des émotions. Une question importante est celle de l’apport de la littérature dans cette éducation. Selon plusieurs, la lecture de certains romans permettrait de développer des capacités affectives, comme l’empathie. Est-ce que cette hypothèse est plausible aux vues des récents débats en théorie de l’éducation? La notion de vertu est aussi centrale dans le débat sur la notion d’expertise morale. On admet qu’il puisse y avoir des experts au sujet de nombreuses questions. Mais qu’est-ce qui distingue l’expert du novice? La question qui se pose est de savoir si cette distinction vaut pour l’expertise morale. Il s’agira aussi d’étudier les implications de cette question en ce qui concerne la nature de la connaissance morale et de son lien avec les vertus des agents.

Projet 2.1. – Éducation morale et vertus civiques

Projet 2.2. Éducation morale et littérature

THÈME III – Autonomie et irrationalité

Quelles sont les entraves à l’autonomie personnelle? Une des hypothèses est que la position sociale affecte les capacités nécessaires à l’autonomie personnelle, notamment parce que les agents sont susceptibles de former des préférences irrationnelles, dites  » adaptatives « . Pour comprendre ce phénomène, nous puiserons dans la littérature concernant le choix rationnel, celle au sujet la théorie des formations de préférences ainsi que celle en théories féministes et en théorie des races. Les injustices sociales ne sont pas la seule entrave à l’autonomie. Nous nous proposons également d’examiner les biais cognitifs concernant les données statistiques. Les études montrent par exemple que nous sommes plus enclins à contribuer à la vie d’une personne réelle qu’à mettre en place une politique qui permette de sauver un plus grand nombre de vie statistiquement parlant. Il s’agira de voir si les jugements apparemment irrationnels basés sur ces biais peuvent se justifier moralement.

Projet 3.1. – Les entraves à l’autonomie personnelle

Projet 3.2. – Irrationalité, immoralité et biais cognitifs

THÈME IV – Action individuelle, normes et contexte institutionnel

Ce thème cherche à situer l’action individuelle, d’abord, par rapport aux normes qui la guident ou la déterminent, puis, par rapport au contexte institutionnel dans lequel ces normes émergent et se développent. Un premier volet concernera le rapport entre la rationalité instrumentale et le respect des règles. Un deuxième volet portera sur le statut des normes morales, et plus particulièrement sur leur relation aux normes dites  » sociales  » et  » conventionnelles « . Enfin, un troisième volet portera sur question de la conformité aux différents types de normes, et à celle plus spécifique de savoir si cette conformité de l’individu à la norme dépend de la conformité attendue des autres agents.

Projet 4.1. – Normes morales, sociales et conventionnelles