Éthique et environnement

Description de l’axe

Notre époque traverse une véritable crise environnementale qui invite la réflexion philosophique, en particulier la philosophie morale et politique, à se reformuler et à se redéfinir autour de thèmes peu familiers à la tradition. En effet, les grands paradigmes de la philosophie morale ne suffisent plus à rendre compte des obligations qui nous lient les uns aux autres ou qui contraignent les communautés humaines vis-à -vis du monde naturel. Une approche ontologique qui reconnaît les liens intimes entre l’humain et l’environnement est fondamentale pour saisir les enjeux –  à la fois locaux et globaux – auxquels nous faisons face dans ce domaine.

De crise en crise, nous sommes forcés à reconnaître des liens auparavant ignorés, sous-estimés, voire occultés entre divers phénomènes. La relation entre les processus contemporains d’urbanisation, la production des gaz à effets de serre, les changements climatiques et la vulnérabilité de certaines populations, en est un exemple éloquent. Une autre serait la relation entre la production des désastres dits « naturels », les pratiques d’aménagement et de gestion des villes et les inégalités socioéconomiques et spatiales qui s’exacerbent à l’échelle de la planète.

Quels sont nos devoirs moraux envers le monde dans lequel nous évoluons? Sur quelles bases orienter l’action sur l’environnement ? Ces questions se trouvent au cœur des travaux de l’axe Éthique et environnement et concernent autant l’environnement bâti (bâtiments, infrastructures, villes, etc.) et l’environnement naturel (équilibres biologiques, espèces animales, écosystèmes, etc.). Ils ont trait, par exemple, à la façon dont les décisions sont prises en aménagement ou encore à l’accès aux ressources. Ils concernent également la valeur de la nature en tant que telle, la façon dont les normes doivent être pensées pour favoriser la préservation de l’environnement et nos devoirs envers les espèces animales, la biosphère et les écosystèmes.

__________________________________

As our era undergoes a genuine environmental crisis, philosophy, particularly moral and political philosophy, must reformulate and redefine itself around new, unfamiliar topics. Indeed, the great paradigms of the philosophical tradition no longer suffice for giving an account of the obligations which bind us to one another or which constrain human communities vis-à-vis the natural world. An ontological approach that recognizes the intimate connections between the human being and the environment is fundamental to a proper understanding of the issues – both local and global – confronting us in this area.

Crisis after crisis forces us to recognize connections between diverse phenomena that had previously been ignored, underestimated, or even hidden, such as the relations between the contemporary processes of urbanisation, the production of greenhouse gases, climate change, and the vulnerability of certain populations. Another example is the relation between the production of so-called “natural” disasters, development practices, urban planning, and the widening of socio-economic and spatial inequalities on a global scale.

What are our moral duties towards the world in which we are evolving? What considerations should guide our actions towards the environment? These questions lie at the heart of the studies carried out in the Ethics and the environment research axis. They concern both the built environment (buildings, infrastructure, cities, etc.) as well as the natural environment (biological equilibria, animal species, ecosystems, etc.). For instance, they examine the ways in which decisions are made about development or access to resources. They also discuss the value of nature as such, the way in which norms must be conceived in order to further the preservation of the environment, and our duties towards animal species, the biosphere, and ecosystems.