Zuniga

Didier Zuniga

Postes occupés

2014-2015 Boursier-ère d'études supérieures,

Biographie

Je suis présentement candidat à la maîtrise au département de Science Politique de l’Université de Montréal. Sous la direction de Charles Blattberg, je travaille à la rédaction d’un mémoire intitulé « Charles Taylor et le Pluralisme Moral ».

Je m’intéresse particulièrement au problème de la légitimité politique de demandes émanant de multiples sources d’autorité. Plus précisément, mes recherches portent sur les rapports potentiels entre diversité et identité collective, c’est-à-dire sur les conditions de possibilité d’une expression plurielle de revendications qui découlent de « l’imaginaire social ».

Il va sans dire que le pluralisme moral est protéiforme ; pourtant, il est généralement admis dans l’histoire des idées que le concept de value pluralism—à savoir, le pluralisme méta-éthique—a été introduit par Isaiah Berlin. En effet, bien qu’il semble raisonnable de dire qu’il existe, en philosophie politique, un consensus quant à l’acceptation de nos différences—comme dirait MacIntyre, « we have agreed to disagree »—, l’histoire conceptuelle du « pluralisme » montre que les significations qui lui sont attribuées sont à la fois contingentes et hétéroclites, leurs traductions en pratique étant loin d’être évidentes. Il suffit de penser à des philosophes comme John Rawls, Jürgen Habermas, Alasdair MacIntyre, Michael Walzer ou Charles Taylor (pour n’en citer que quelques-uns) qui font du pluralisme un concept central dans leurs travaux respectifs alors que leurs prétentions théoriques sont bien entendu, radicalement divergentes.

Par le biais de l’analyse d’un cas bien précis, la thèse que j’entends défendre cherche à éclairer les conséquences pratiques d’un jugement portant sur les conflits de valeurs et dilemmes moraux qui émanent du politique—c’est-à-dire, le problème de la place d’un pluralisme normatif dans une culture démocratique. Mon objectif principal est donc de remettre en question l’hypothèse tenue pour acquise par la majorité des commentateurs en philosophie politique—et par Taylor lui-même—, selon laquelle l’approche de Taylor est pluraliste. Si la reconnaissance d’une pluralité non formalisable de biens humains joue un rôle fondamental dans la philosophie morale de Taylor, il est néanmoins nécessaire de montrer l’important clivage existant entre, d’une part, le fait d’accepter que nos conflits de valeurs sont irréconciliables et, d’autre part, la volonté de trouver un moyen de mettre en harmonie les différentes fins auxquelles les individus aspirent.

À rebours de l’interprétation dominante, mon mémoire tente de mettre en évidence cette dimension moniste inhérente à l’approche de Taylor en philosophie morale, ainsi que le raisonnement pratique qui l’amène à rejeter le problème des « mains sales ». Autrement dit, mon analyse entend démontrer que la pensée de Charles Taylor n’est pas pluraliste, pour autant que l’effort visant à concilier des finalités et des exigences qui se font concurrence constitue une prise de position qui cherche à prévenir tout dilemme moral du point de vue pratique.