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Les défis de la démocratie

Quand : Back to Calendar 19 novembre 2015 @ 19:00 - 20:00
Où : Amphithéâtre Ernest-Cormier (salle K-500), pavillon Roger-Gaudry
2900 Boulevard Edouard-Montpetit
Montréal,QC H3T 1J4
Canada
Catégories : Éthique et politique
Chercheurs : Marc-Antoine Dilhac

Le CRÉ est fier de s’associer à la Chaire de recherche en éthique publique et théorie politique, au Conseil de recherche en sciences humaines du Canada, au Centre d’études et de recherches internationales et au Centre de recherche en droit public à l’occasion de la tenue de la conférence inaugurale des Conférences de la montagne.

Si la démocratie est une forme de gouvernement déjà ancienne, c’est encore un jeune régime. La démocratie évoque parfois l’image antique d’Athènes où le peuple se gouverne lui-même, mais c’est à un tout autre régime que l’on pense aujourd’hui : un régime de représentation parlementaire avec des moments de sacralité – les élections – et des chefs qui gouvernent et concentrent un pouvoir de décision et d’action plus étendu que jamais. La vie démocratique réduirait-elle alors à mettre un bulletin de vote dans l’urne une fois tous les deux, quatre ou cinq ans ? Et la démocratie ne serait-elle que le gouvernement d’un seul légitimé par le vote d’une majorité ?

Ancienne et moderne, la démocratie gagne les esprits sur de nouveaux territoires, mais bien qu’elle soit encore en expansion et inspire des mouvements d’émancipation politique, elle fait l’objet de vives contestations à l’intérieur des sociétés où elle est établie depuis plus longtemps. C’est la question de l’égalité et de la justice sociale qui anime la démocratie contre elle-même ; c’est la question du marché et du financement public qui la fait trembler. Comment réguler des formes d’échanges économiques qui paraissent corrompre les institutions et les mœurs démocratiques ?

La démocratie est une évidence pour ceux qui défendent la liberté de conscience et la tolérance mais elle suscite toujours d’incessants débats quant aux projets de vie que les citoyens peuvent poursuivre en commun. Ce sont même les aspirations morales collectives qui semblent cesser d’y être possibles, que l’on pense aux grands projets de société ou aux formes de vie qui reposent sur une spiritualité partagée. Faut-il alors se résoudre à voir les sociétés démocratiques sécularisées se vider de leur substance morale ?

Comment affronter et relever ces défis de la démocratie contemporaine ? Trois éminents théoriciens politiques, trois penseurs pénétrants de notre temps, Michael Sandel et Charles Taylor reprennent, à ses racines historiques, la réflexion sur la démocratie comme manière de gouverner, comme organisation sociale et économique et comme projet de société.

Cette conférence sera animée par Daniel Weinstock, professeur à l’Université McGill.

Cette rencontre est organisée avec le soutien de la Chaire de recherche du Canada en éthique publique et théorie politique, détenue par Marc-Antoine Dilhac, professeur au Département de philosophie de l’Université de Montréal.

LES CONFÉRENCIERS

Michael J. Sandel

À partir de 2004, Michael Sandel s’intéresse à des questions de société comme celle de l’amélioration humaine avec les problèmes de l’ingénierie génétique et du dopage sportif. Il publie ainsi en 2007, The Case against Perfection. Loin de changer d’objet de recherche, avec ce livre, il approfondit au contraire sa critique d’une conception libérale qui menace paradoxalement le contrôle des individus sur leur vie en leur donnant le pouvoir de se débarrasser de ce qui fait pourtant le sens des réalisations humaines : l’effort. Mais au-delà de l’effort, ce sont les formes de solidarité sociale que l’amélioration humaine corrompt. Ce thème qui était déjà présent dans ces premiers textes se trouve au cœur de son dernier livre : What Money Can’t Buy: The Moral Limits of Markets (2012), qui fait suite au Tanner Lectures on Human Values données à Oxford en 1998.

Les contributions de Michael Sandel ont touché des millions de personnes non seulement à travers les nombreuses traductions de ses ouvrages (27 langues) mais aussi avec son cours « Justice » qui est disponible gratuitement sur internet et a été retransmis à la télévision. Toujours soucieux de rendre accessible et efficace la philosophie politique, il s’adresse aussi bien au grand public, notamment avec la série radiophonique de la BBC « The Public Philosopher »,  qu’aux décideurs politiques ; il siège entre 2002 et 2005 au conseil du President’s Council on Bioethics.

Charles Taylor

Charles Taylor est professeur émérite de science politique et de philosophie à l’Université McGill où il a enseigné sans interruption de 1982 jusqu’à sa retraite, après avoir été professeur à Oxford de 1976 à 1982. Sa carrière, qui commence au département de science politique de McGill en 1961, allie l’engagement intellectuel et politique. À cette époque, alors qu’il est vice-président du NPD au fédéral et président de cette formation au Québec, il fera campagne contre le Parti Libéral et échouera en 1965 dans l’élection qui l’oppose au futur Premier Ministre du Canada, Pierre-Eliott Trudeau.

Cet engagement politique de haut niveau ne freine pas la production philosophique de Charles Taylor qui se concrétise par la parution de Explanation of Behaviour en 1964. Il développe sa réflexion sur les méthodes en sciences sociales et s’intéresse en particulier au problème de ce qui fait qu’un individu est un agent moral. Il publie en 1975 une somme sur le philosophe de Iéna, Hegel, suivi en 1979 deHegel and Modern Society, deux ouvrages qui amorcent sa réflexion sur une politique de la reconnaissance.

Mais c’est avec la publication de Sources of the Self : The Making of the Modern Identity (Les sources du Moi. La formation de l’identité moderne) en 1989, que Charles Taylor s’impose comme un penseur qui fait l’histoire de la philosophie plus qu’il ne l’étudie. Cette œuvre dont on ne cesse de mesurer l’importance réfléchit le vaste regard que son auteur porte sur l’histoire de l’homme moderne, sa culture et son identité. Il s’agit de retrouver la question de la définition de la vie bonne que la philosophie morale et politique avait cherché à occulter.

L’originalité de la contribution à la théorie du multiculturalisme de Charles Taylor ne peut s’apprécier qu’à partir de cette réflexion sur l’identité qui rend possible le dialogue interculturel et l’élaboration d’un horizon de sens commun. Le philosophe montréalais approfondit les implications politiques de cette conception pluraliste de la vie démocratique dans  Multiculturalism and The Politics of Recognition en 1992, et défend la pratique politique et juridique des accommodements raisonnables qui connaîtra une crise majeure au Québec dans la première décennie du XXIe siècle. Toujours impliqué dans la vie politique de la Belle Province à laquelle il reste attaché, il co-préside la Commission de consultation sur les pratiques d’accommodement reliées aux différences culturelles, dite commission Bouchard-Taylor, qui définit les contours de la politique québécoise de tolérance multiculturelle.

L’ampleur de sa contribution aux humanités est saluée par de nombreuses distinctions et prix. Il est nommé Grand officier de L’Ordre national du Québec en 2000, et reçoit entre autres le Prix Templeton (Etats-Unis, 2007) pour sa contribution au progrès de la recherche sur les spiritualités, le prix de Kyoto (Japon, 2008) et récemment le très prestigieux prix Kluge de la Library of Congress (Etats-Unis, 2015), prix qu’il partage avec le philosophe allemand, Jürgen Habermas.

INFORMATIONS PRATIQUES:

L’accès aux Conférences de la Montagne est gratuit et ne nécessite aucune inscription.

Toutes les Conférences sont organisées au sein de l’amphithéâtre Ernest-Cormier (K-500) du pavillon Roger-Gaudry de l’Université de Montréal.

Accès par transports en commun :

Compte tenu du nombre limité de places de stationnement, nous vous suggérons fortement d’utiliser les transports en commun. Le pavillon Roger-Gaudry est situé à proximité de la station de métro Université-de-Montréal et est accessible depuis les lignes de bus 51, 119, 129 et 165.

Calculez votre itinéraire sur le site de la STM.

Par ailleurs, des taxis sont en attente sur le boulevard Édouard-Montpetit, en face de la station de métro du même nom.

Accès par voiture :

Des stationnements sont disponibles sur le campus. Le garage Louis-Colin est situé à environ 10 minutes de marche de l’amphithéâtre. Cependant, veuillez prévoir plus de temps pour vos déplacements, en raison d’une grande affluence aux abords des entrées du stationnement Louis-Colin (entrée par le boulevard Édouard-Montpetit, à l’angle de l’avenue Louis-Colin ou entrée par le chemin Queen-Mary, à l’angle de l’avenue Decelles).

La stationnement dans la cour d’honneur située devant le pavillon Roger-Gaudry est interdit. Cependant, un débarcadère sera accessible pour les personnes à mobilité réduite.

Consultez le plan complet des stationnements sur le campus.