Projets de recherche

THÈME I – Représentation et délibération: les institutions de la démocratie

La particularité de ce projet tient à ce qu’il met en dialogue les développements théoriques portant sur les fondements de la démocratie, d’une part, et des réflexions portant sur les choix institutionnels dans le contexte de la démocratie représentative moderne, d’autre part. Le contact entre ces deux domaines de la philosophie politique de la démocratie représentative est trop souvent insuffisant. Une question servira de pôle organisateur de nos recherches : en quoi le débat de ces dernières années, qui oppose deux types de justification de la démocratie, « épistémique » ou « éthique », éclaire-t-il, et peut-il être éclairé, par des questions de choix institutionnel? Les chercheurs examineront notamment les affinités entre les deux théories pour le choix des différents mécanismes de représentation (unicaméralisme vs bicaméralisme, fédéralisme vs unitarisme, etc.) et des systèmes électoraux (proportionnel, uninominal à un tour, etc.). Enfin, ils se pencheront sur la question des contraintes normatives indépendantes qui pourraient militer en faveur de différentes options institutionnelles et qui seraient susceptibles d’affecter la manière dont est mené le débat entre les partisans d’une approche « éthique » et les défenseurs d’une conception « épistémique » de la démocratie.

Projet 1.1. – Théories justificatives de la démocratie: épistémique ou éthique?

Projet 1.2. – Démocratie et mécanismes institutionnels

Projet 1.3. Démocratie et syndicalisme

THÈME II – La corruption en contexte démocratique

L’intérêt pour l’étude de la corruption grandit mais il est doublement limité : il porte le plus souvent sur les sociétés non démocratiques ou en transition et il repose sur une définition Centre en fonctionnement Évaluation à mi-parcours 2017 SC Centre de Recherche en Éthique ( CRÉ ) 2017-04-18 05:50:00 Page 17 classique mais réductrice de la corruption entendue comme abus de pouvoir en vue d’un avantage personnel. La spécificité de notre projet est triple : 1/ nous procédons à une clarification du concept de corruption afin de pouvoir viser des phénomènes qui restent sous le radar, comme la corruption du langage publique. 2/ nous analysons l’interaction entre la corruption des institutions et les caractéristiques morales des agents corrompus et nous ne nous contentons pas d’une approche binaire (soit les institutions, soit les individus). 3/ nous cherchons à comprendre comment le fonctionnement normal des institutions peut engendrer une corruption de la démocratie : processus électoraux qui tendent à réduire l’offre politique, financement des campagnes électorales, etc.

Voir page du groupe CORDÉ.

Projet 2.1. – Vertus individuelles, institutions et corruption

Projet 2.2. – Corruption et mécanismes institutionnels

THÈME III – Tolérance, laïcité et reconnaissance

La tolérance est un idéal fondateur de la démocratie libérale et il existe un consensus citoyen en faveur de cet idéal qui implique la séparation de l’État et du religieux, la laïcité, et la reconnaissance des minorités. Mais les divisions apparaissent sur ce que cet idéal implique : quel sens donner au public et au privé dont la séparation sous-tend la logique de la laïcité? N’y a-t-il pas une tension entre tolérance et laïcité, entre reconnaissance et neutralité? Et concrètement, que faire des signes religieux, des demandes d’accommodement, de la protection du patrimoine religieux de la majorité? La clarification Centre en fonctionnement Évaluation à mi-parcours 2017 SC Centre de Recherche en Éthique ( CRÉ ) 2017-04-18 05:50:00 Page 18 conceptuelle est essentielle mais elle doit être complétée par une analyse des problèmes spécifiques qui émergent dans des contextes institutionnels précis: hôpitaux, tribunaux, parlements, associations sportives privées, quartiers urbains et évidemment l’école. Il s’agit de clarifier les enjeux de la laïcité comme neutralité et de rationaliser les arguments du débat public.

Voir page du groupe Pluralistes 2.0

Projet 3.1. – Neutralité libérale et théorie de la reconnaissance

Projet 3.2. – Pluralisme et accommodements institutionnels

THÈME IV – Démocratie et justice internationale en temps de crise

Si le problème de la répartition globale des biens demeure un enjeu crucial sur lequel nous continuons à nous pencher, nous nous intéressons également à l’éthique de l’action humanitaire et de l’intervention postconflit. Dans ce thème, nous examinons ainsi les enjeux de l’action et de l’agence (agency) politique et économique des ONG humanitaires, i.e. leur représentativité, légitimité et imputabilité démocratiques. En ce qui a trait aux conflits armés, nous nous demandons comment on peut justifier les interventions militaires pour cause humanitaire à l’aune d’une conception non controversée de justice et/ou de démocratie internationale. De même, en période de reconstruction postconflit, la question du paternalisme à l’aune du principe de l’autodétermination des peuples à laquelle on assiste soulève des problèmes cruciaux que l’on examine dans le cadre du droit après la guerre ( » jus post bellum « ).

Projet 4.1. – Crise humanitaire et organisations non gouvernementales

Projet 4.2. – Justice transitionnelle et autodétermination des peuple