Projets de recherche

 

Projet 1. Représentation et délibération : les institutions de la démocratie

La particularité de ce projet tient à ce qu’il met en dialogue les développements théoriques portant sur les fondements de la démocratie, d’une part, et des réflexions portant sur les choix institutionnels dans le contexte de la démocratie représentative moderne, d’autre part. Le contact entre ces deux domaines de la philosophie politique de la démocratie représentative est trop souvent insuffisant. Une question servira de pôle organisateur de nos recherches : en quoi le débat de ces dernières années, qui oppose deux types de justification de la démocratie, « épistémique » ou « éthique », éclaire-t-il, et peut-il être éclairé, par des questions de choix institutionnel? Les chercheurs examineront notamment les affinités entre les deux théories pour le choix des différents mécanismes de représentation (unicaméralisme vs bicaméralisme, fédéralisme vs unitarisme, etc.) et des systèmes électoraux (proportionnel, uninominal à un tour, etc.). Enfin, ils se pencheront sur la question des contraintes normatives indépendantes qui pourraient militer en faveur de différentes options institutionnelles et qui seraient susceptibles d’affecter la manière dont est mené le débat entre les partisans d’une approche « éthique » et les défenseurs d’une conception « épistémique » de la démocratie.

Projet 2. La corruption en contexte démocratique

Voir page du groupe CORDÉ.

Projet 3. Tolérance, laïcité et reconnaissance

Voir page du groupe Pluralistes 2.0

Les chercheurs associés à ce projet réfléchissent concrètement aux implications politiques, juridiques et sociales des exigences de tolérance, de laïcité et de reconnaissance des minorités dans les sociétés démocratiques. La tolérance est un idéal fondateur de la démocratie libérale et il existe un consensus citoyen en faveur de cet idéal qui implique notamment la séparation de l’État et du religieux, la laïcité mais aussi la reconnaissance des minorités. Cependant, de profonds désaccords apparaissent sur ce que cet idéal implique concrètement, et on peut craindre de nouvelles intolérances : quel sens donner au public et au privé dont la séparation sous-tend la logique de la laïcité ? Comment désamorcer les tensions entre tolérance et laïcité, entre reconnaissance et neutralité ? Et que faire des signes religieux, des demandes d’accommodement, de la protection du patrimoine religieux de la majorité ? La clarification conceptuelle est essentielle, mais elle doit être complétée par une analyse des problèmes spécifiques en fonction du contexte institutionnel : hôpitaux, tribunaux, parlements, associations sportives privées, quartiers urbains et, évidemment, écoles. Toutes ces questions au cœur de la recherche dans le domaine des libertés publiques sont également très discutées dans la société civile et font l’objet de vives controverses. L’ambition de ce projet est, en outre, de clarifier les enjeux de la laïcité comme neutralité religieuse de l’État et de rationaliser les arguments mobilisés dans le débat public.

Projet 4. Démocratie et justice internationale en temps de crise

Le développement des théories de justice globale témoigne de l’importance des questions liées aux principes fondamentaux de la démocratie et des droits humains face aux faits de l’inégalité et du pluralisme axiologique à l’échelle mondiale. Si le problème de la répartition globale des biens demeure un enjeu crucial sur lequel il faut continuer à se pencher, la question de l’éthique de l’action humanitaire et de l’intervention postconflit se pose elle aussi. Dans le cadre de ce projet, les chercheurs examineront en particulier les enjeux de l’agentivité politique et économique des ONG humanitaires, qui présentent une série de problèmes concernant leur représentativité, légitimité et imputabilité démocratiques. Par exemple, certaines ONG détiennent un budget de fonctionnement plus important que les pays qu’elles assistent et exercent une influence économique et politique substantielle. En ce qui a trait aux conflits armés, les chercheurs se demanderont comment justifier les interventions militaires pour cause humanitaire à l’aune d’une conception non controversée de justice et/ou de démocratie internationale. En période de reconstruction postconflit, la question du paternalisme examinée à la lumière du principe de l’autodétermination des peuples soulève, par ailleurs, des problèmes cruciaux qu’il faut examiner dans le cadre du  jus post bellum.