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Juliette Roussin

Postes occupés

2018-2019 Stagiaire postdoctoral-e,

Participations aux événements du CRÉ

16 octobre 2018 Juger la démocratie à ses résultats ?

Biographie

Je suis stagiaire postdoctorale au Centre de Recherche en Éthique de l’Université de Montréal depuis septembre 2018. Mes recherches en philosophie politique portent sur les théories normatives de la démocratie, la légitimité, l’égalité politique et le constitutionnalisme. Je m’intéresse également à l’épistémologie morale et sociale, et plus particulièrement aux notions de vérité et d’expertise politiques.

Après des études de philosophie à l’École normale supérieure de Lyon, j’ai consacré ma thèse de doctorat au fondement de la légitimité démocratique. J’y montre que les conceptions « pures » de la démocratie, qu’elles soient procédurales (majoritaires) ou substantielles (identifiant la démocratie au respect des droits, par exemple), se heurtent à certaines impossibilités logiques et échouent donc à rendre compte des fondements de la légitimité des décisions démocratiques. Je défends en conséquence une conception duale de la légitimité, qui vise à concilier les exigences procédurales et substantielles entrant en tension dans les autres conceptions. Je suggère que cette conception duale est plausible à la condition d’envisager la démocratie dans sa durée, plutôt que comme une procédure de décision ponctuelle. La perspective temporelle sur la démocratie permet de concevoir, d’une part, une forme proprement démocratique de constitutionnalisme, dans lequel les citoyens découvrent progressivement les principes qui doivent guider leur action politique. Elle fait signe d’autre part vers une conception épistémique de la démocratie, selon laquelle, sous certaines conditions, les procédures d’autodétermination inclusive et égale tendent, plus sûrement que d’autres méthodes de gouvernement, à produire des choix collectifs substantiellement justes.

Mon projet de recherche postdoctoral vise à examiner de façon plus systématique les conditions sous lesquelles une approche épistémique de la démocratie peut être plausible. L’hypothèse que j’avance est que ces conditions, loin d’être étroitement procédurales ou institutionnelles, comme pourrait le laisser penser la littérature récente, sont fort exigeantes et d’ordre à la fois cognitif, socio-économique et moral. Je cherche à montrer que les vertus de la délibération publique et son association au principe de majorité ne suffisent pas à établir la solidité d’une justification épistémique de la démocratie, et que ces vertus elles-mêmes ne peuvent se réaliser sans que soient en amont réalisées les conditions pour l’égalité de statut, de compétence et d’engagement civique entre les membres de la communauté politique. À partir de cet examen critique de l’idéal épistémique ainsi, mon objectif est de réfléchir, de façon plus générale, aux conditions sociales de l’égalité démocratique.

Publications

• Articles dans des revues à comité de lecture

Février 2014 « Injustifiable majorité ? Loi naturelle et logiques majoritaires dans la pensée politique de John Locke », co-écrit avec C. Hamel, Raisons politiques, n°53, p. 81-106.

Hiver 2014 « La démocratie sans limites ? Corruption et publicité dans les campagnes électorales américaines », Les Ateliers de l’Éthique, vol. 9, n°1, p. 146-166.

Automne 2013 « Démocratie contestataire ou contestation de la démocratie ? L’impératif de la bonne décision et ses ambiguïtés », Philosophiques, vol. 40, n°2, p. 369-397.

• Chapitres d’ouvrage

2018 « Les conditions normatives de la légitimité démocratique : contraintes contextuelles », in M. Bessone (dir.), Les méthodes en philosophie politique, Presses universitaires de Rennes, p. 119-135.

2014 « La sagesse du peuple », in C. Colliot-Thélène, F. Guénard, Peuples et populisme, Paris, PUF, p. 78-90.