Logo AEEF

Call For Paper: The Morality of Belief / Appel à contribution: La moralité de la croyance

Date limite: 1er juin 2019 / Deadline: June 1, 2019

Les Ateliers de l’éthique / The Ethics Forum

Guest Editor : Charles Côté-Bouchard (GRIN, CRÉ, Université de Montréal)

Les Ateliers de l’éthique/The Ethics Forum invites proposals for a special issue on the morality of belief.

At its most fundamental, ethics is concerned with how we ought to live. In trying to elucidate that question, modern ethicists have typically focused on its practical dimension, namely on what we should do and how we ought to act. But actions are not the only aspects of human agency that are normatively assessable. Propositional attitudes like beliefs are also central to human life and agency. Finding out how to live is not only about determining what we ought to do, but also what we ought to believe.

Nowhere is this clearer than in the classical essays by William K. Clifford and William James The Ethics of Belief (1877) and The Will to Believe (1896). For evidentialists following Clifford, believing upon insufficient evidence is wrong, always, everywhere, and for anyone. Respecting the evidence is not just a good thing, it is a categorical imperative. In response, pragmatists like James maintain that it is sometimes permitted to go beyond or against the evidence, for practical reasons. When the circumstances are right, James insists, believing without sufficient evidence is the thing to do. This landmark dispute provides the framework for what is known today as the ethics of belief debate.

Traditionally, ethicists of belief have focused on the possible conflict between epistemic and prudential reasons for belief, i.e., on the question whether we may sometimes disregard the evidence for our personal benefits and well-being. In recent years however, an increasing number of philosophers have turned their attention to the possibility of conflicts between epistemic and moral reasons for belief. This is the topic of this special issue: the morality of belief. Can morality require us to violate epistemic norms or to be epistemically irrational? Can it oblige us to, e.g., believe good things without sufficient evidence, refrain from believing bad things for which we have sufficient evidence? What is the relation, more generally, between moral and epistemic norms?

Submissions to this special issue can cover, but are not restricted to, the following topics:

  • Moral norms of belief. Can there be moral reasons for belief and moral norms of belief? Can a belief even be moral or immoral? If not, why? If so, what are such moral norms like? Do they go hand in hand with moral norms of action? Should we approach them from a consequentialist, deontological, or virtue theoretical perspective?
  • The moral and the epistemic. Can moral and epistemic norms of belief conflict or do they always coincide? Do we always have a moral duty to follow epistemic norms, as Clifford suggested? Does being epistemically rational necessarily lead us to believing morally? Could an ideal epistemic agent have immoral beliefs?
  • Specific moral-epistemic conflicts. Are there specific, substantial instances of morality requiring us to be epistemically irrational? For example, can morality require us to have epistemically irrational beliefs about friends, loved ones, or people from marginalized groups? Conversely, can following epistemic norms lead us to wrong those people?
  • Moral encroachment and epistemology. Can the moral encroach on the epistemic? Can moral factors make an epistemic difference? That is, can they affect the epistemic status of a belief? For instance, can the moral importance of a question affect how much evidence one would need to know the answer to that question?
  • Morality of belief and doxastic responsibility. Does a morality of belief require responsibility for our beliefs? Can there be moral norms of belief if, as some philosophers maintain, we cannot typically be held responsible for our beliefs since they are not under our voluntary control?

These are only suggestions and authors are welcome to propose other topics related to the morality of belief.

Format and Deadline:

Papers should be between 6,000 and 12,000 words. The paper should be anonymized and suitable for blind refereeing. Detailed instructions to authors are available at this address: http://www.lecre.umontreal.ca/wp-content/uploads/2014/07/consignes-aux-auteurs-2014_mise-en-page-1.pdf

Manuscripts should be submitted by June 1, 2019 to the following address: jean-philippe.royer@umontreal.ca

If you have any questions, please contact Charles Côté-Bouchard (charles.cote-bouchard@umontreal.ca)

Les ateliers éthique/The Ethics Forum sollicite des contributions portant sur la moralité de la croyance pour un numéro spécial.

Fondamentalement, l’éthique s’interroge sur comment nous devrions vivre. En examinant cette question, les éthiciens modernes se sont traditionnellement concentrés sur la dimension pratique de ce problème, soit sur ce que nous devrions faire, comment nous devrions agir. Or, les aspects normatifs de l’agentivité humaine ne se résument pas aux actions. Les attitudes propositionnelles comme les croyances sont également au cœur de la conduite et de l’évaluation de nos vies. Par conséquent, pour déterminer comment nous devrions vivre, il est nécessaire de déterminer non seulement ce que nous devrions faire, mais aussi ce que nous devrions croire.

Peu de philosophes ont fait ce constat de manière aussi limpide que William Kingdon Clifford et William James dans leurs célèbres essais The Ethics of Belief et The Will to Believe. Selon les évidentialistes suivant Clifford, il est mal, en tout temps, partout et pour quiconque, de croire sans données probantes suffisantes. Suivre ses éléments de preuve n’est pas seulement une bonne chose, c’est un impératif catégorique. En réponse à Clifford, les pragmatistes comme James soutiennent qu’il est parfois préférable, pour des raisons pragmatiques, d’aller au-delà ou à l’encontre des données probantes. Lorsque les circonstances pratiques s’y prêtent, il est permissible, voire même obligatoire de croire sans données probantes suffisantes. C’est ce célèbre échange entre Clifford et James qui a inauguré ce que l’on appelle aujourd’hui l’éthique de la croyance.

Traditionnellement, les éthiciens de la croyance se sont concentrés sur la possibilité de conflits entre les raisons épistémiques et prudentielles de croire, c.-à-d., sur la question de savoir s’il est parfois permis de croire sans données probantes suffisantes pour son bénéfice ou son bien-être personnel. Toutefois, au cours des dernières années, certain ont tourné leur attention vers la possibilité de conflits entre les raisons épistémiques et morales de croire. C’est là le sujet de ce numéro spécial : la moralité de la croyance. La morale peut-elle nous demander de contrevenir à des normes épistémiques ou d’être épistémiquement irrationnels? Peut-elle nous obliger, par exemple, à croire de bonnes choses sans données probantes suffisantes ou d’éviter de croire de mauvaises choses pour lesquelles nous avons suffisamment de données probantes? Quelle est la relation, plus généralement, entre le moral et l’épistémique du point de vue de la croyance?

Les soumissions à ce numéro spécial peuvent porter, entre autres, sur les sujets suivants

  • Normes morales de la croyance. Peut-il y avoir des raisons morales de croire et des normes morales de la croyance? Une croyance peut-elle-même être morale ou immorale? Si non, pourquoi? Si oui, quelles sont ces normes? Vont-elles de pair avec les normes morales de l’action? Devons-nous les appréhender du point de vue du conséquentialisme, de la déontologie, ou de la théorie des vertus?
  • La relation entre le moral et l’épistémique. Les normes morales et épistémiques de la croyance peuvent-elles entrer en conflit ou coïncident-elles systématiquement? Avons-nous toujours un devoir moral de suivre les normes épistémiques, comme le suggère Clifford? Être épistémiquement rationnel nous mène-t-il nécessairement à croire de façon morale? Un agent épistémique idéal pourrait-il avoir des croyances immorales?
  • Les conflits moraux-épistémiques spécifiques. Y a-t-il des cas spécifiques et substantiels ou la morale exige que nous soyons épistémiquement irrationnels? La morale peut-elle, par exemple, nous demander d’avoir des croyances épistémiquement irrationnelles à propos de nos amis, de nos partenaires amoureux, ou de personnes appartenant à des groupes marginalisés? À l’inverse, suivre les normes épistémiques peut-il nous mener à porter préjudice à ces personnes?
  • L’empiétement moral et l’épistémologie. La morale peut-elle empiéter sur le domaine épistémique? Le statut épistémique d’une croyance peut-il être affecté par des facteurs moraux? De tels facteurs peuvent-ils faire une différence épistémique? Par exemple, l’importance morale d’une question peut-elle affecter la quantité de données probantes requise pour en connaître la réponse?
  • Moralité de la croyance et responsabilité doxastique. Une moralité de la croyance requière-t-elle la responsabilité pour nos croyances? Peut-il y avoir des normes morales de la croyance si, comme certains philosophes le soutiennent, nous ne pouvons pas être tenus pour responsables de nos croyances puisqu’elles ne sont pas sous notre contrôle volontaire.

Ces thématiques sont des suggestions. Les auteurs peuvent proposer d’autres sujets en lien avec la moralité de la croyance.

Format et délai de soumission :

Les articles en forme anonyme et d’environ 6000 à 12000 mots doivent être soumis au plus tard le 1er juin 2019 à l’adresse suivante : jean-philippe.royer@umontreal.ca

Le détail des consignes aux auteurs se retrouvent à cette adresse : http://www.lecre.umontreal.ca/wp-content/uploads/2014/07/consignes-aux-auteurs-2014_mise-en-page-1.pdf

En cas de questions, contactez Charles Côté-Bouchard (charles.cote-bouchard@umontreal.ca)